Publié le lundi 28 mars 2011 | Le Nouveau Courrier
Bernard Doza, journaliste et analyste politique franco-ivoirien, séjourne en Côte d’Ivoire pour, dit-il, être un acteur actif du combat contre l’impérialisme français.
Vous arrivez en Côte d’Ivoire au moment où ce pays est empêtré dans une crise sans précédent, qu’est-ce que vous en pensez ?
L’impérialisme français n’a pas renoncé en vérité depuis les années 1960 à la mainmise sur l’Afrique francophone et aujourd’hui la démonstration de force que nous voyons en Côte d’Ivoire est principalement due au fait que le président Laurent Gbagbo qui a pris le pouvoir en 2000, par les actes posés, a fait comprendre à la France qu’il n’est pas son candidat idéal à la succession de Félix Houphouët-Boigny au lendemain de la chute de Henri Konan Bédié. Ce qui arrive aujourd’hui à Gbagbo, c’est ce qui est arrivé à Patrice Lumumba, c’est ce qui a favorisé l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. Aujourd’hui, malgré l’ouverture démocratique, on se rend compte que lorsqu’un chef d’Etat africain veut prendre en compte les opinions de son pays, immédiatement une machine invisible se met en place depuis l’Elysée pour anéantir ce chef d’Etat à travers l’organisation non seulement de l’insurrection spontanée mais aussi de l’organisation de coups d’Etat militaires. C’est dans ce schéma que nous sommes en Côte d’Ivoire.