par La Majorité Présidentielle Gbagbo, lundi 8 août 2011, 03:38
Le 6 août, Ngoran Niamien, le ministre ivoirien de l'Économie et des Finances, a pris la décision, contraint et forcé, de rembourser les 18 milliards de F CFA de l'aide européenne que des fonctionnaires des ministères de la Santé et de l'Intérieur avaient détournés entre 1992 et 1997 . Dix-huit cadres et agents des deux départements ont été inculpés, et certains écroués. Niamien espérait ainsi mettre un terme à la polémique que ce scandale, révélé en juin par la presse locale, avait suscité. II n'a fait, en réalité, que donner raison aux bailleurs de fonds de plus en plus méfiants vis-à-vis de l'administration ivoirienne. Cet acte risque, en effet, de faire jurisprudence et coûter cher à la Côte d'Ivoire.
N'oublions pas que plusieurs audits sont en cours et concernent des domaines aussi sensibles et opaques que les filières café et cacao (entre 1996 et 1998), les comptes de la défunte Caisse de stabilisation (Caistab ), les dépenses non ordonnancées, etc. Le plus inquiétant est qu'ils ont été commandés par deux bailleurs de fonds majeurs: le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Que se passera-t-il si le Fonds et la Banque demandent le remboursement des sommes, certainement plusieurs dizaines de milliards de F CFA, perçues indûment par les autorités d'Abidjan ? L'acte du ministre des Finances montre simplement que la Côte d'Ivoire se trouve le dos au mur. Qu'elle ne peut plus défendre une administration bien structurée et, en apparence, efficace, mais gangrenée par la corruption et les malversations. Une administration dont la principale raison d'être est l'enrichissement des élites.