Plus le temps passe, plus les langues se délient dans les couloirs
du palais présidentiel. Pour que les Frci deviennent Fanci, il a fallu
que la France rappelle Ouattara à l’ordre.
Il n’aimait pas les Fanci, pourtant l’un des plus
grands héritages d’Houphouët qu’il prétend vénérer. Dans ses campagnes
de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, Ouattara s’offrait alors un
grand plaisir à appeler cette armée nationale, «l’armée de Gbagbo.»
C’est pourquoi au Golf hôtel, il baptise son armée Frci. A son arrivée
au pouvoir, c’est le nom qu’il donne à l’armée nationale. Avec lui,
plus de Fanci. On parle désormais de Force républicaine de Côte
d’Ivoire. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Car désormais au
pouvoir, il peut apporter les changements qu’il veut dans tous les
domaines de l’État de Côte d’Ivoire. Mais avec les Frci, il y a
problème. Car ils sont tout, sauf une Armée républicaine. Dans
l’histoire de la Côte d’Ivoire, jamais une armée n’a été autant
championne des exactions et des graves violations des droits de
l’Homme. Même l’horrible armée coloniale avec ses soudards baptisés
gardes de cercles n’a fait autant. C’est en plus la première fois que
le bon humour abidjanais baptise une armée d’une raillerie à
connotation ethnique de «Frères Cissé.» Mais là n’est pas véritablement
le problème. Même si chaque jour, les Frci multiplient les maladresses.
Au point de causer des soucis à leur géniteur.