mardi 12 juillet 2011

La France cherche à négocier une solution politique à la crise libyenne

11/07/2011
PARIS, 11 juillet (Xinhua) - La France cherche depuis des jours un règlement politique da la crise libyenne par la négociation, plutôt que de pousser le "guide suprême" libyen Mouammar Kadhafi à un départ sans condition du pouvoir. 

"La France est favorable à une solution politique comme elle l'a toujours dit", a déclaré lundi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. 
Paris a fait passer des messages à Kadhafi "en liaison avec le CNT (Conseil national de transition, instance politique de la rébellion libyenne) et nos alliés", a poursuivi M. Valero, démentant toute négociation directe entre la France et le régime de Kadhafi. 

Ce message a été déjà délivré dimanche par les ministres français des Affaires étrangères, Alain Juppé, et de la Défense, Gérard Longuet. 
"Il va falloir se mettre maintenant autour d'une table", a souligné M. Longuet, pour qui Kadhafi "sera dans une autre pièce de son palais avec un autre titre". Partisane jusqu'à présent d'un départ sans condition de Kadhafi pour mettre fin à son intervention militaire, la France ouvre maintenant la porte aux négociations. 

Une intervention militaire aéronavale avait été déclenchée en Libye à la mi-mars sur mandat de l'Onu par plusieurs pays, dont la France, pour établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Depuis le 31 mars, l'ensemble des opérations est conduite par l'Otan. 

M. Longuet a conditionné l'arrêt de ces bombardements à un dialogue entre les parties inter-libyennes. "On s'arrête de bombarder dès que les Libyens parlent entre eux et que les militaires de tous bords rentrent dans leur caserne, et ils peuvent parler entre eux puisqu'on apporte la démonstration qu'il n'y pas de solution de force", a déclaré dimanche soir M. Longuet sur la chaîne BFM-TV. 

Pour M. Juppé, le processus de règlement politique doit commencer par un "cessez-le-feu qui en soit véritablement un, sous contrôle des Nations Unies". 

"Il faut ensuite engager un processus de négociations inclusif : le Conseil national de transition (CNT, instance de la rébellion libyenne), mais aussi les acteurs libyens, et en particulier ceux qui à Tripoli ont compris que Kadhafi n'avait pas d'avenir, et puis engager la feuille de route d'un processus démocratique", a indiqué le chef de la diplomatie française sur la radio France Info. 

"La difficulté aujourd'hui est de savoir comment provoquer la mise à l'écart de Kadhafi de toute responsabilité politique et militaire", a reconnu M. Juppé. 

M. Valero lui a réaffirmé lundi que "toute solution politique passe par le retrait de Kadhafi du pouvoir et son renoncement à tout rôle politique". 

Dans une interview publiée il y a une semaine par le quotidien français Le Monde, le deuxième fils du "guide suprême libyen", Saïf Al-Islam Kadhafi, avait estimé qu'il était "impossible" de trouver une solution qui ne implique pas son père. 

M. Longuet s'est défendu de tout enlisement allié en Libye. "Il n'y a pas de statu quo du tout car le fait pour les opposants d'être protégés leur permet de s'organiser, et on voit bien que la situation évolue", a-t-il dit. 

Dans la chronique publiée samedi par le quotidien français Le Figaro, l'historien et journaliste français, Alexandre Adler a prédit une "issue politique" en Libye, même s'il faudra encore quelques mois de patience. 

Autre évolution : les députés français doivent se prononcer mardi sur la poursuite de la participation de la France à l'opération en Libye, qui, selon M. Longuet, a coûté "pas loin de 100 millions", ce qui représente 15% du budget annuel des opérations extérieures de la France.

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