mardi 27 septembre 2011

Les fauves”, ou la conquête du pouvoir par Sarkozy : Sans pitié et avec rancune

Quelle semaine pour le Président de la République, non mais quelle semaine mes amis !!
Poursuivi par les affaires lancées derrière lui telle une meute affamée, peut-être même bientôt rattrapé par elles, une côte de confiance qui s’effondre en même temps que le Cac 40, et ce week end,une défaite aux sénatoriales de son camp politique qu’il aura du mal à justifier par la crise “exceptionnelle”.



Même si franchement dit, le Sénat, vu ce qu’il coûte, et ce à quoi il sert, on se dit qu’on pourrait tout aussi bien s’en passer.

Bref, ça va pas fort au royaume de Sarko.

Et comme si cela ne suffisait pas, hier soir, dimanche donc, France 2 nous a gratifié d’un documentaire, qui si il ne nous apprenait guère en terme d’informations pures donnait à voir la politique façon fauves, voire hyènes enragées.

Ce documentaire, passionnant, était le coup de pied de l’âne de la chaîne publique, venant ainsi achever l’homme à terre qui n’avait sans doute pas demandé cela, mais qui, avouons-le, ne serait-ce que par sa propre manipulation des médias, sa propre mise en scène de lui par lui pour lui, le méritait bien.

A retenir de ce documentaire, le ton, le vocabulaire employé (mais pas la musique, vraiment pas terrible).

Un vocabulaire de guerre, de combat, des mots comme “chef”, “tuer”, “victoire”, “Un chef qui a peur, c’est pas un chef qui conduit à la victoire”avec ses insultes qui sont là pour tuer, “le nabot”, “le gesticulateur précoce” (très drôle).

La presse en France ? “un marchand d’avions, un marchand de canons, un marchand de béton, un marchand de caleçon ” selon Probst qui ne mâche pas ses mots.

Qu’on est loin des ors et des manières policées et soit-disant diplomates des palais de la République telles qu’on aurait pu ses les imaginer.

En lieu et place, un discours guerrier, agressif, viril aussi qui s’en réfère fréquemment aux parties intimes de ces messieurs pour justifier de leur capacité en politique.

Un discours guerrieroù vengeance et humiliation en sont les principaux moteurs, tu es pour moi ou contre moi, pas de milieu, ni de quartier, tous les coups sont permis, la mauvaise foi aussi. Un discours mâle, la politique c’est une affaire de testostérone, on remarquera d’ailleurs l’absence lumineuse des femmes, hormis Alliot Marie.

La politique, affaires de mecs ?

Des stratégies, des manigances, des alliances, des retournements de veste, des pièges.

Ainsi voit-on un Sarkozy tendre des pièges à Villepin, son pire ennemi, un Villepin bien éloigné également de l’image du poète raffiné et doux qu’il donne à voir. Sarkozy le conviant à un footing pour se défiler ensuite, et venir jouer les victimes humiliées quand l’autre parade torse nu sur la plage.

Ou encore allumer les feux en banlieue, laisser le poète les éteindre et venir ensuite en chercher les fruits.

Un Sarkozy de bien mauvaise foi quand il lance des piques contre Chirac deux jours avant la fête nationale et vient ensuite pleurer à l’injustice quand le président le renvoie dans ses cordes, deux jours plus tard sur la musique d’un “je décide, il exécute”.

“L’humiliation, c’est un moteur”

Et visiblement, il s’est très souvent senti humilié, lui qui tend parfois des pièges dans lequel il tombe tout seul, cela explique mieux sa rage, même injustifiée, son ambition, et surtout ses rancœurs et ses haines tenaces.

Tout le monde se lâche allègrement dans ce documentaire, mais au final, à nous, il reste une nausée, un arrière goût amer, celui du sentiment que finalement, ce ne sont pas les politiques qui sont là pour nous, mais nous qui ne sommes que les instruments de leurs conquêtes de pouvoir.

Pauvres jouets de leurs ambitions.

On assiste à des stratégies pour sembler moins ceci, ou plus cela, à toutes sortes de positions, d’images, et d’apparences qui ne sont visiblement par dictées par des convictions, mais par des intérêts qui semblent surtout personnels.

Sarkozy y est dépeint comme un tueur, fin stratège et sans pitié pour ses rivaux, animé par une détermination sans limite, acteur, et réalisateur de son propre destin, faisant des français de simples accessoires pour servir ses desseins.

Une image que même Carla Bruni, aujourd’hui, avec son “monmari aime et connait si bien les roses”, séduite qu’elle a été par l’érudition botanique de son président d’époux, ne pourra défaire, impossible de faire passer Sarkozy pour ce qu’il n’est pas.

Tout comme Copé, qui déjà, laisse entrevoir le loup qu’il sera dans quelques mois, et qui ne marche que pour une seule cause, un seul parti, le sien.

“Toi, t’es à ton compte”

réponse de Copé : “T’as tout compris”

Ambitions personnelles et mémoires longues, rancunes tenaces pour les rivaux, il ne manquait à ce portrait que la place de la Concorde, pour assister aux règlements de compte qui se sont déroulés à l’instant du Fouquet’s.

Ce documentaire, pendant au film La Conquête, retraçait des années de rivalité entre ces deux fauves que sont Villepin et Sarkozy, des fauves qui aurait pu avoir l’appellation de hyènes, capables qu’ils sont de s’entredéchirer sur le corps d’un vieux chef pas encore mort, qu’il est déjà disputé.

Un documentaire qui aurait sans doute mérité une meilleure case horaire pour tout ce qu’il donnait à savoir.
Notamment, sur la fin, cette phrase, prononcée sur cette fameuse place de la Concorde, prophétique dans le sens inverse, de la retraite à 60 ans, la sécurité, le “gagner plus pour gagner plus”, à surtout, surtout, la République irréprochable.

Que cette phrase pèse lourd aujourd’hui !

“Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas”.

Décidément, une semaine vraiment horribilis pour Sarkozy.

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