mardi 13 septembre 2011

Pourquoi le maintien de Gbagbo: et les siens comme boucliers humains?


Le temps passe allègrement, la gestion du pays se fait pesante. Au sein de l’appareil dirigeant, les acteurs politiques rivalisent de stratégies pour une maîtrise affirmée de la gestion de l’Etat. Si ces politiques sont unanimement préoccupés par comment déjouer toute déstabilisation, ils s’épient constamment, mus par la volonté personnelle de se positionner avec ses plus proches collaborateurs, pour avoir le contrôle effectif de l’appareil d’Etat.




A cet effet, les confidences d’une autorité faisaient état de l’assurance qui structurait le discours du Président Ouattara de pouvoir se débarrasser du Premier ministre, Guillaume Soro à brève échéance. Ce dernier serait naturellement rattrapé par les exactions commises par les chefs de guerre qui sont sous ses ordres depuis le déclenchement de la rébellion en 2002.
En effet, pour tenter de se donner la virginité vis-à-vis de la rébellion et couvrir ses bras séculiers d’alors de sarcasmes, afin de les voir livrés à la Cpi, Alassane met en œuvre la stratégie de la distanciation d’avec les chefs de guerre qu’il refuse systématiquement dans son entourage. L’Autorité se veut ainsi sur les hauteurs pour les acculer et être à termes le seul réel maître à bord de la gestion de l’Etat, lui l’initiateur et planificateur véritable du désordre en Côte d’Ivoire, pour le compte de ses mandataires. Mais le cynisme de cet homme qui se veut un politique habile s’exprime par le maintien de Laurent Gbagbo et les siens comme boucliers humains pour se prémunir contre toute éventualité de déstabilisation de la part des nombreux militaires et patriotes en exil.

Selon de nouvelles confidences, le clan Ouattara analyserait la question de la maîtrise du Nord comme essentielle pour le rayonnement de son projet politique, surtout avec la tenue des prochaines législatives.

En effet, la gestion de l’espace nordique serait acquise au Premier ministre Soro, car là-bas il n’existerait pas de Forces républicaines mais des Forces nouvelles. Ainsi, la gestion de cette zone échapperait complètement à son protagoniste Alassane Dramane Ouattara, et tendrait ainsi à être apprivoisé par M. Guillaume Soro qui pour s’inventer incontournable aurait le projet de transformer les Forces nouvelles en un parti politique. Ceci lui permettrait de créer un rapport de force politique avéré au sortir des prochaines législatives. Il se pose ainsi le problème essentiel de la maîtrise du champ politique au nord qui au regard des tendances politiques présentes échappe en réalité à Ouattara qui l’a pourtant toujours qualifié de son fief politique. Or en réalité, l’homme que la France a certainement eu le tort de parachuter au perchoir avec la complicité naïve du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) par un horrible coup d’Etat ne maîtrise pas non plus le centre ni le sud. Sachant Soro iconoclaste et inconstant politiquement, le Président Ouattara inquiet de l’issue des élections prochaines serait en train d’échafauder un plan d’élimination de ce dernier.

Il est l’unique acteur politique qui dispose à ce jour d’une capacité de nuisance avérée, et pour s’approprier la réalité du pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire, il faut se débarrasser de lui. Ouattara serait aujourd’hui préoccupé par l’ennoblissement de l’image du nord, espace indexé par les journaux et l’opinion nationale comme un univers carcéral austère, bref un goulag. Dans cette veine, l’on proposerait le transfert des prisonniers et cela motiverait l’accélération des remises en état de certaines prisons. Mais ce projet n’est pas déconnecté de l’exécution d’un agenda politique secret qui inclurait des actions de nuisance à l’encontre de politiques, de chefs de guerre voire du Pdci dont les pas politiques ne rassurent guère. Monsieur Ouattara en homme politique ambitieux, pour s’arroger la réalité du pouvoir en Côte d’Ivoire, œuvre à tenir le Nord sous sa domination effective et à déstabiliser le Pdci pour s’assurer un triomphe politique absolu au sortir des élections législatives, afin de mettre en œuvre le plan réel pour lequel il lutte depuis toujours, l’appropriation effective de ce pays par la sous-région. Et l’article de Le Temps n°2413 du 25 juillet 2011 intitulé «Législatives: La France et Ouattara préparent un coup» confirme ce projet sombre de Ouattara.


Le plus intéressant dans ce décor politique, c’est que le Pdci qui à contribué à enclencher ce processus ne restera pas à l’abri des foudres du «monstre» qui devra pour asseoir son projet, marcher sur ses décombres. Autant que l’opposition actuelle, ses militants pleureront à coup sûr et dénonceront la myopie politique de leurs leaders; mais ce sera trop tard.

Dans l’optique des gouvernants, Laurent Gbagbo fort redouté pour son intelligence politique et les siens ne seraient pas au bout de leurs peines, et l’opposition devrait au nom de la volonté de M. Ouattara de régner en maître absolu, s’attendre à subir les plans machiavéliques de ce dernier. Son camp et lui seraient en passe de feindre d’accepter le jeu démocratique, mais ils cultiveraient en réalité une insécurité de proximité dans les campagnes pour terroriser des électeurs et les obliger à voter pour eux ou à ne pas du tout voter. Ils programmeraient de même le convoyage d’un bétail électoral pour concrétiser leur victoire et pour éviter une chute drastique du taux de participation. Il est dès lors évident que sans désarmement, aucun jeu politique démocratique fiable n’est possible dans ce pays.

Cette insécurité endémique viserait à établir le Rassemblement des Républicains (Rdr) comme la force politique la plus grande sur l’échiquier politique ivoirien, à la grande satisfaction de la France ainsi déchargée du poids de son coup d’Etat, car ce parti se sera donné une légitimité électorale. A cet égard, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) n’échapperait pas à l’exécution de ce plan pernicieux et en serait victime aussi, en dehors de toutes les paroles mielleuses de coulisses.

En réalité, Ouattara et les multinationales françaises s’inscrivent dans un schéma de gestion unilatérale et solitaire de la Côte d’Ivoire sans contradicteur aucun. L’option est l’optimisation des intérêts de la France, pour en tirer un traitement de faveur qui aboutisse à l’édification d’une dictature avérée en Côte d’Ivoire qui rende le Président Ouattara incontournable. Il pourrait dès cet instant faire toutes les manœuvres politiques qui les avantagent, la France et lui, et vassalisent le pays, car la France mettrait à son service sa capacité de désinformation et sa force de nuisance et d’instrumentalisation des acteurs politiques. Pour réussir une pareille prouesse, il faut tuer tout nationalisme virtuel susceptible de retarder l’application accélérée du plan politique secret de Dramane Ouattara et de ses adjuvants.

En définitive, seule une intelligence politique réactive des acteurs politiques ivoiriens est à même de déjouer la souricière en cours d’édification en Côte d’Ivoire, avec l’aide active de la France de Sarkozy et la complicité naïve du Pdci. Le projet sournois de faire de ce pays un no man’s land est en voie de réalisation, par la construction de cette dictature sans visage pour donner à un homme de régir cette nation avec une main de fer. Aux Ivoiriens je pose cette question lancinante : A qui profitent en fait tous ces stratagèmes politiques, et le maintien de Laurent Gbagbo et les siens comme boucliers humains ? Puisse le Pdci après son forfait politique contre ce beau pays, s’instruire auprès de Joseph Emanuel Sieyès qui fit roi Napoléon Bonaparte à l’issue du coup d’Etat du 18 brumaire. Les faiseurs de Roi sont contraints à s’effacer.

Source: Correspondance particulière de Yaovi, Politologue/infodabidjan

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