dimanche 12 juin 2011

FRCI: LA LOI DE LA JUNGLE ET LE REGNE DE LA TERREUR


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 Surréalistes auraient parus les faits vécus par ma jeune sœur d’église du nom de G. Danielle (22 ans) et son camarade Eric (24 ans, étudiant), avant-hier vendredi 10 juin 2011, à 9 heures à Adjamé Renault, si nous ne nous savions pas prisonniers d’un régime d’exception en Côte d’Ivoire, verni de constitutionnalité, et qui sert de terreau aux pires exactions qui soient. Avec le pouvoir Ouattara, la loi et le droit n’existent plus. Et certainement pour longtemps. La mésaventure qui fait l’objet de cet article s’inscrit donc dans la plus grande normalité de la nouvelle vie des Ivoiriens, pris en otage par une rébellion désormais au pouvoir qu’une presse internationale déjantée présente comme plus fréquentable qu’un régime démocratique renversé à coup de bombes françaises et d’obus onusiens.



Le bref récit que nous allons vous faire nous a été raconté de vive voix par l’une des victimes, en l’occurrence notre jeune sœur en CHRIST, G. Danielle. Tout a commencé dans la matinée d’avant-hier quand elle s’est rendue à la gare routière de la commune d’Adjamé pour le dépôt d’un colis devant être acheminé à l’intérieur du pays. Elle y rencontre Eric, un vieil ami d’une ville du Centre Ouest du pays où résident ses parents et où elle a fréquenté l’école. La joie des retrouvailles aidant, ils cheminent ensemble jusqu’à la hauteur de la gare STIF, où un véhicule 4X4 des FRCI venant dans leur dos, percute Eric. Le pare-brise vole en éclats sous l’impact de la collision. Eric atteint, hurle et se tient le bras de douleur. Des hommes ayant toutes leurs facultés et dotés de compassion naturelle seraient allés s’enquérir de l’état de la victime et l’auraient conduite dans un centre de soins. Que nenni ! Les soldats pro-Ouattara descendent du véhicule, furieux, s’en prennent au jeune étudiant qu’ils saisissent par les cols et qu’ils tentent de faire monter de force dans le véhicule militaire avec Danielle que des passants acquis à la cause des FRCI accusaient de cheminer avec Eric, pour la faire aussi embarquer. Franchement invraisemblable ! Danielle affolée et encore sous le choc de l’accident, supplie. Face à l’incompréhension des FRCI et de leurs supporters, elle fond en larmes, imaginant aisément ce qui l’attendait en tant que femme au milieu d’une horde de soldats pro-Ouattara drogués et sans morale.
Elle ne devra son salut qu’à la foule de passants que ses pleurs désespérés ont attirés, qui ont pris fait et cause pour elle et pour le jeune homme, contrairement aux premiers, et qui ont imploré la grâce des hommes de Ouattara. Ils l’ont donc laissée sur place et ont embarqué de force Eric, blessé, en le tenant par les cols, malgré la médiation de la foule.
Dans leur énervement, l’escouade FRCI démarre en trombe. Elle ne fait pas 200 mètres qu’elle percute à nouveau un gbaka (mini car de transport TOYOTA Dyna) dans ses mauvaises manœuvres de soldatesque toute-puissante ne respectant rien, pas même les priorités élémentaires de la circulation urbaine. Plus furieux encore, ils vont extraire le Dioula Tchè, le chauffeur du mini car, de la cabine de son véhicule, l’embarquent dans leur 4X4 et fondent dans la nature.
Eric et l’infortuné chauffeur de gbaka ont donc été pratiquement enlevés dans la rue, sous les regards médusés de la foule incrédule, pour une destination inconnue. Jusqu’à la fin de la journée de samedi où nous rédigions cette note, soient deux jours après, plus aucune nouvelle d’Eric. Il faut sauver Eric. Le fait même qu’il soit étudiant nous donne des sueurs froides pour sa vie, quand on sait que les FRCI les assimilent tout bonnement et le plus simplement du monde à des partisans de Gbagbo, donc dignes de mort. La Côte d’Ivoire ne mérite pas d’avoir une armée aussi indisciplinée et épidermique, qui n’a aucun respect de la vie ni la moindre considération pour les populations ivoiriennes.
Ouattara ne maîtrise guère son monde (il espère nous en donner l’illusion) et c’est terriblement angoissant pour le peuple qui est à la merci des humeurs d’une soldatesque analphabète et inculte, terrorisant de manière indifférenciée opposants et partisans. Les FRCI constituent un obscur péril aussi bien pour Alassane Ouattara, lui-même, que pour l’ensemble des Ivoiriens. Vivement que la Côte d’Ivoire se réveille de cet affreux cauchemar ! Il faut sauver Eric !

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

DINDE Fernand AGBO

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