mardi 9 août 2011

Chronique diplomatique «Un homme, une vision»: la leçon particulière de Laurent Gbagbo


«Un homme, une vision », est un documentaire dont la presse ivoirienne a peu parlé. Un documentaire en huit cassettes, finalisé sur Laurent Gbagbo, par Laurent Gbagbo. Historien de formation, Laurent Gbagbo est un homme politique dans son siècle, un élément-bilan des 51 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Un homme politique qui écoute ses passions. Pendant 30 minutes sur l’écran de la télévision ivoirienne, en février dernier, j’ai vu Laurent Gbagbo dans sa « vision » de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, prendre partie pour la démocratie et l’économie partagée. J’ai absolument retenu, que dans sa « vision » politique, Laurent Gbagbo n’avait pas pour passion ‘’les portefeuilles’’.


51 ans d’indépendance, la Côte d’Ivoire ne peut faire son bilan, sans évoquer le nom de Laurent Gbagbo, opposant politique historique à Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la Côte d’Ivoire. Docteur en histoire, socialiste, Laurent Gbagbo, est un mélange de savoir et d’humour de conversation, avec sa façon souriante pour le débat d’idées, dans une voix fiévreuse. Dans « un homme, une vision » le Président de la République fait savoir qu’il n’avait que des rapports politiques, avec Félix Houphouët-Boigny, rien que pour rassurer l’opinion ivoirienne, qu’il s’était autorisé simplement à dire au premier président, que sa politique de développement régional était mal repartie. C’était la bataille de Laurent Gbagbo contre Félix Houphouët-Boigny et autant de réponses, aux réflexions de ceux qui s’interrogeaient, à la gestion de la Côte d’Ivoire par le Pdci… Parti- Etat.

Dans « un homme, une vision », Laurent Gbagbo précise lui-même, son étiquette morale politique : socialiste, et professeur d’histoire. Cela a peut être fait rire Félix Houphouët-Boigny qui lui aussi, a tout donné pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, et qui ne voulait recevoir de leçons de personnes. « Un homme, une vision » nous rappelle que Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo, pour toutes sortes de raisons politiques, ne pouvaient s’afficher en duo, gérant la Côte d’Ivoire, en concomitance. Parce que tout simplement, tous les Ivoiriens savent, que Laurent Gbagbo, retient difficilement, ce qu’il a, à dire, avare de confidences, comme un professeur d’histoire. « Un homme, une vision » est un véritable documentaire-journal politique, qui ne pouvait s’achever, sans nous montrer l’autre rareté de l’histoire politique de Laurent Gbagbo : sa rencontre avec les socialistes français, et naturellement, sa première confrontation politique, en octobre 1990, avec Félix Houphouët-Boigny, dans le cadre de l’élection présidentielle.

51 ans d’indépendance, Laurent Gbagbo fait logiquement partie du bilan, à cause de ses expériences personnelles : le 18 février 1992, ses emprisonnements à Abidjan et à Séguéla… pour ses idées qui ont d’ailleurs permis aux Ivoiriens de savoir et de mesurer, l’écart politique colossal qui sépare Laurent Gbagbo, des autres hommes politiques de la Côte d’Ivoire. Pour nous, qui avons un métier de décryptage, « un homme, une vision » est un document politique de poussées historiques, rare dans les archives de l’histoire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. C’est cela la leçon particulière de Laurent Gbagbo, aux Ivoiriens, dans la gestion de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. C’est dommage qu’on ne parle pas de Félix Houphouët-Boigny. Aucun documentaire sérieux, filmé sur le ‘’père’’ de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. A toute vitesse, combien d’Ivoiriens savent-ils, que la Côte d’Ivoire avait connu déjà, le multipartisme dans les années 1940 ?

Combien d’Ivoiriens savent que Félix Houphouët-Boigny a été ministre, puis ministre d’Etat en France. Il avait représenté la France à l’Onu, au cours d’une session extraordinaire à New-York. Ils sont nombreux au Pdci-Rda qui ne savent pas, que Félix Houphouët-Boigny, avait fait un passage au parti communiste français. C’est dommage, qu’aucun héritier et disciples de Félix Houphouët-Boigny, n’ait pensé à un document d’actualité filmé, sur le parcours politique du ‘’père’’ de l’indépendance, premier intégrationniste de l’Afrique de l’Ouest : En 1959, Félix Houphouët-Boigny avait créé le conseil de l’Entente, comprenant le Niger, le Dahomey, la Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Malheureusement, aucun hériter, aucun disciple politique de Félix Houphouët-Boigny, ne commémore par un commentaire filmé, ces grands moments de l’histoire politique du premier Président de la Côte d’Ivoire. Un documentaire qui aurait pu être une véritable passion pour les Ivoiriens. Pauvre Félix Houphouët-Boigny, dont les héritiers et disciples sont devenus des superstitieux politiques croyant à un ‘’enfer froid’’. C’est pourquoi, un « homme, une vision » est une leçon particulière. Et Laurent Gbagbo, au-delà du combat politique, est un intellectuel, un historien africain. « Un homme, une vision » ressemble à son auteur : vivre le métier politique. Mais, le plus simplement du monde.

Source: L’Intelligent d’Abidjan-9/8/2011 (journal pro-ouattara)/ et
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