vendredi 11 novembre 2011

Libération des pro-Gbagbo: Pourquoi la liste a été rallongée


Getty Images
On est finalement passé de 8 à 20 pro-Gbagbo libérés provisoirement. Cette rallonge « nocturne » ne saurait être sans explications. C’est que, selon de bonnes sources, des négociations… politiques sont à l’origine de cette décision de « dernière minute » qui est venue augmenter le nombre de personnes élargies.
Avant ce rajout, on savait presque tous que l’audience du mercredi 9 novembre 2011 (de15h 15 à 17h 10), à la Cour d’appel au Plateau, avait accordé la liberté provisoire à 8 personnes proches de l’ex-président de la République de Côte d’Ivoire.

Un nombre jugé insuffisant et Me Hervé Gouamené, porte-parole du collectif des avocats ivoiriens des pro-Gbagbo, n’avait pas manqué de le relever. « Nous notons notre déception parce que pour les mêmes faits et pour la même situation de droit (concernant 65 personnes), nous n’avons reçu que l’examen de neuf (9) personnes. Et sur les 9 personnes, huit (8) ont été libérées », avait indiqué Me Hervé Gouamené. « La chambre d’accusation se réunit une fois par semaine. Nous osons croire que la semaine prochaine, il y aura une autre audience », avait-il espéré. Mais voilà qu’il n’a pas attendu une semaine pour voir le nombre de ses clients libérés passer de 8 à 20.

Quelques heures seulement après l’audience de la chambre d’accusation de la cour d’appel


d’Abidjan, le Procureur de la République près le Tribunal d’Abidjan-Plateau a signé un « ordre de mise en liberté » pour 12 autres pro-Gbagbo emprisonnés à Bouna, Katiola et Boundiali. Pour en arriver à ce nombre, nos sources rapportent que le téléphone a beaucoup fonctionné entre le ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et le ministère d’Etat, ministère de la Justice. On n’ira pas jusqu’à écrire que le premier ministère cité a fait pression sur le second, qui est le ministère de tutelle de la justice. Mais, il apparaît important de ne pas perdre de vue que c’est le ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur dirigé par Hamed Bakayoko qui mène les négociations avec le Front populaire ivoirien/ Congrès national de la résistance pour la démocratie (Fpi/Cnrd, opposition).

Interrogé par l’AFP, hier jeudi, Me Hervé Gouamené, tout en saluant une « bonne nouvelle », a exprimé sa surprise, s’interrogeant sur le « mécanisme » ayant abouti à ces mises en liberté supplémentaires. « Je ne sais pas si c’est la décision du juge qui a été modifiée ou c’est d’autres décisions qui ont été prises. En effet, les juges d’instruction ont également la possibilité d’ordonner des libertés provisoires d’office. Je n’ai pas encore vérifié le mécanisme par lequel le nombre est passé à 20 libérés.

Nous sommes dans un État de droit, c’est forcément un mécanisme juridique qui entre dans le cadre de l’État de droit », confiera-t-il plus tard à Soir Info. De leur côté, des sources informées n’hésitent pas révéler que le politique a fait ce qu’il pouvait en faisant augmenter par le judiciaire, le nombre de libérés, histoire de contenter l’opposition…Mais cela suffira-t-il?

Source: SYLLA A. – Soir Info

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